Comprendre la douleur chronique : épisode 2 – le rôle du cerveau

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Lire l’épisode 1 : Comprendre la douleur : une clé essentielle à sa gestion

La douleur est toujours réelle, quelle qu’en soit la cause !

Pendant longtemps, la vision de la douleur a pu être très simpliste : soit la douleur était physique ( 1 ) soit la douleur était psychologique ( 2 ).

( 1 ) Toute douleur serait due à une lésion physique. Autrement dit : si vous avez mal, c’est qu’il y a forcément quelque chose qui est lésé ou qui dysfonctionne là où vous avez mal.

Si le médecin trouvait une raison à cette douleur, il indiquait alors un traitement “physique” à la cause “physique” trouvée.

( 2 ) Quand le médecin ne trouvait pas d’étiologie, de raison à cette douleur, il tendait à conclure à une douleur imaginaire ou psychosomatique et conseillait une thérapie psychologique. Cela n’existerait pas réellement, et il suffirait de volonté et de self-control pour ne plus avoir mal.



A cause de cette VISION ARCHAÏQUE de la douleur, mentionner le fait que le cerveau intervient dans le processus de douleur est souvent mal perçu par les patients.



“Quoi ? mais non, ce n’est pas dans ma tête ! D’ailleurs, c’est prouvé, mon IRM montre une discopathie dégénérative…”


Aparté sur les anomalies structurelles

Il est désormais prouvé que nous avons tous des anomalies structurelles : discopathie dégénérative, hernie discale, arthrose facettaire, par exemple pour le dos ; arthrose, lésions méniscales, lésions cartilagineuses pour les genoux ; les anomalies de la coiffe des rotateurs pour les épaules (Brinjikji et al. 2014 ; Guermazzi et al. 2012 ; Teunis et al. 2014 ).
Pourtant, nous ne sommes pas tous douloureux ! Pourquoi ?
Beaucoup ne savent même pas qu’ils ont ces anomalies puisqu’ils ne subissent aucun examen d’imagerie : ils n’ont pas mal.

Ce n’est pas parce qu’il y a anomalie structurelle que c’est elle qui est cause de douleur. D’après les chercheurs, les anomalies structurelles doivent plutôt être vues comme “les rides de la vie”.

Nouvelles connaissances sur la douleur

La recherche sur la douleur avançant, les connaissances se précisent.
Il est désormais prouvé que la vision physique Vs psychologique est absolument fausse.
La science a démontré que TOUTE DOULEUR implique LES 2 COMPOSANTES :
– 1 – Les signaux nerveux de danger issus du corps
– 2 – L’analyse et l’interprétation complexes du cerveau (qui peuvent effectivement être influencés par des facteurs psychologiques).

Lorsque les fibres nerveuses de votre corps détectent un danger (grâce aux capteurs nociceptifs du corps), elles envoient un messager nerveux à votre cerveau. Mais ce message n’est pas suffisant pour déclencher la douleur ! Le message donne juste pour indication au cerveau qu’il doit se pencher sur la question.
Sans que vous ne vous en rendiez compte, le cerveau va analyser le message nerveux reçu. Il va prendre en compte de multiples facteurs. Les informations qui remontent du corps sont évidemment ​importantes, mais elles sont analysées par le cerveau à la lumière du contexte, de l’environnement, de vos pensées, de vos expériences passées, et de bien d’autres facteurs encore. S’il décide que vous êtes en danger et qu’il faut vous protéger, il enclenchera divers mécanismes de protection, dont la douleur. Il va décider s’il répond par une douleur légère, une douleur modérée, une douleur importante, ou aucune douleur.

La science a pu prouver que le cerveau tient un rôle d’importance dans toute douleur, que cette douleur soit présente suite à une blessure ou suite à une maladie.
Pour prendre en charge la douleur, il est donc nécessaire de prendre en compte le rôle du cerveau dans la perception de cette douleur.

Ce n’est pas dans votre tête ! La douleur est créée par le cerveau dans 100% des cas, cependant cela ne signifie pas du tout que c’est “dans la tête” comme on l’entend habituellement !
La douleur peut exister sans lésion, sans dommage tissulaire, et même sans nociception (processus sensoriel à l’origine du message nerveux qui provoque la douleur), mais elle est réelle, elle existe, car vous la ressentez. Personne ne peut affirmer le contraire. Quels que soient les facteurs qui ont mené à son apparition, la douleur est bien réelle


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