La dysautonomie dans les SED

La dysautonomie, aussi appelée dysfonctionnement autonome cardiovasculaire, est un dysfonctionnement du système nerveux autonome caractérisé entre autres par de l’hypotension orthostatique ou une tachycardie orthostatique posturale (POTs). Elle est extrêmement fréquente dans le SED. Le Dr Amoretti évoquait aux dernières Rencontres du GERSED que 100 % des personnes SED présenteraient une dysautonomie plus ou moins sévère.

Bravo (2016) explique clairement le mécanisme de la dysautonomie dans le SED :

« Chez un patient avec un système veineux normal, le sang progresse vers le cerveau, mais si les veines sont distendues à cause de la mauvaise qualité d’un collagène moins résistant, le sang stagne dans les membres inférieurs et a plus de difficultés à atteindre le cœur, provoquant une hypoxie cérébrale (…) et les symptômes de la dysautonomie. »

Les patients présentant une dysautonomie sont donc sujets à des étourdissements lorsqu’ils se lèvent brusquement, voire même des syncopes à cause d’une mauvaise oxygénation du cerveau.

Les signes de la dysautonomie

La dysautonomie peut se présenter sous la forme d’un syndrome de tachycardie orthotatique posturale, d’une intolérance orthostatique, d’une hypotension orthostatique, entre autres.

Cela signifie que la dysautonomie se traduit par les symptômes suivants, dans un contexte polymorphe et instable (Bravo, 2016 ; Hamonet ; Smith, 2017 ; Hakim et al., 2017) :

  • Fatigue chronique et somnolence ;
  • Pré-syncope ou syncope, notamment lors des changements brusques de position ou le piétinement, ou encore lors de la digestion ;
  • Hypotension artérielle habituelle, variable et surtout instable avec possibilité de poussées tensionnelles ;
  • Désordres de la thermorégulation : intolérance au froid, frilosité ; intolérance aux grandes chaleurs humides ;
  • Variations thermiques allant d’une température basale parfois à 35°C à des poussées thermiques importantes en dehors de toute infection ;
  • Sueurs diurnes ou nocturnes, intéressant le crâne et la partie haute du tronc, sueurs froides trempant les draps ;
  • Tachycardie inexpliquée, accès de palpitations ;
  • Troubles vasomoteurs : les extrémités sont froides, évoquant un syndrome de Raynaud, mais peuvent subir un accès de vasodilatation avec augmentation de la température locale ;
  • Paresthésies périphériques avec sensations cutanées transitoires ou chroniques de picotements, de piqûres, de chatouillis, ou de sensations de quelque chose qui traîne sur la peau ;
  • Difficultés à respirer ou avaler ;
  • Soif excessive ;
  • Intolérance à l’exercice ;
  • Digestion lente provoquant une distension de l’abdomen, des nausées, une perte d’appétit, des ballonnements, une diarrhée ou une constipation ;
  • Gastroparésie associée à des nausées, un reflux gastrique et des vomissements ;
  • Troubles urinaires du type difficulté à uriner, incontinence ou vidange incomplète de la vessie.


    Selon Bravo (2016) et Hakim et al. (2017), le Tilt-Test n’est nécessaire que dans les cas vraiment incertains. Selon eux, le diagnostic peut être réalisé cliniquement et ne demande pas d’examens complexes :

    POTS, OH, and some forms of OI can be diagnosed in clinic without the need for complex tests.

    Hakim et al. 2017


    La prise en charge de la dysautonomie dans les SED

    Les mesures préventives

    On peut réduire la dysautonomie grâce à des mesures d’ordre général, notamment préventives :

    • Eviter de rester debout sans bouger les bras ou les jambes
    • Eviter de marcher lentement ou piétiner
    • Après un grand repas ou l’absorption d’alcool, s’allonger au moins 15 minutes
    • Boire beaucoup, jusqu’à ce que l’urine soit aussi claire que de l’eau
    • Arrêter les médicaments qui pourraient aggraver la dysautonomie
    • Utiliser des bas de contention
    • Utiliser des vêtements compressifs
    • En l’absence d’hypertension ou d’insuffisance rénale, ajouter 6g de sel par jour à la ration alimentaire
    • Augmenter l’activité physique.


    Les traitements médicamenteux

    Des médicaments spécifiques peuvent être prescrits tels que :

    • Fludrocortisone : corticoïde minéral avec un effet de 24 à 36h
    • Amydopyrine : 2 à 3 fois par jour avec un effet de 4h
    • Aténolol : peut être ajouté pour réduire la tachycardie.
    • Midodrine
    • Des bêtabloquants à petites doses.

    Il peut également être prescrit des antidépresseurs ou des anxyolitiques.

    Les situations d’anémie, courantes dans le SED, aggravent la dysautonomie et doivent donc être corrigées dès que possible.

     

    Sources

    – Bravo JF. La dysautonomie dans le syndrome Ehlers-Danlos type III. 2016. J.réadapt.Méd. 36:52-55
    – Hakim A, O’Callaghan C, De Wandele I, Stiles L, Pocinki A, Rowe P. 2017. Cardiovascular autonomic dysfunction in Ehles-Danlos syndrome-Hypermobile type. Am J Med Genet Part C Semin Med Genet 175C:168-174
    – Smith C. 2017. Understanding Hypermobile Ehlers-Danlos Syndrome and Hypermobility Spectrum Disorder. Redcliff-House Publications 2017.

Vous aimerez aussi

6 MAI 2021

Le déficit proprioceptif...

Lorsque l’on commence à s’intéresser aux Syndromes d’Ehlers-Danlos et...

12 FéVRIER 2021

Syndrome...

Nouvel article sur la suspicion de dysphagie, troubles de déglutition, chez les...

19 OCTOBRE 2020

La dysautonomie –...

Le mois d’octobre est le mois de la sensibilisation à la dysautonomie....

16 OCTOBRE 2020

La dysautonomie –...

Le mois d’octobre est le mois de la sensibilisation à la dysautonomie....

1 JUILLET 2020

Les troubles cognitifs dans...

Il y a quelques mois, les personnes SED volontaires répondaient à un questionnaire sur...

3 MARS 2020

Douleur aux relations...

Marie-Pierre Cyr, physiothérapeute canadienne, vous propose une intervention très...

Comments

9

  • amal mouadden

    BONJOUR,

    je vous remercie pour ces éclaircissement de la disautonomie,je vous informe que mon frère a été opéré sur un maladie du rétrécissement cervical depuis 3 ans (en 2017) maintenant, il a un problème d’hypotension en position debout, d’une vessie hyperactive et soit diarrhée soit constipation selon les conditions. Actuellement, ses muscles commencent à maigrir à cause du repos car il ne peut faire aucun effort musculaire ce qui lui cause une grande anxiété.

    Salutations.

    Répondre
  • Caroline Delorme

    Bonjour, est-ce qu’on peut observer ce type de maladie avec le sundrome par activation mastocytaire?

    Répondre
    • Marie-Elise NOËL

      Bonjour Caroline. Certains symptômes peuvent être provoqués par le SAMA et faire penser à une dysautonomie : bouffées de chaleur, vertiges, étourdissements, présyncope, syncope, chutes de tension, fatigue générale, troubles de la régulation thermique, etc. Je ne sais pas si l’on parle spécifiquement de dysautonomie dans le cadre du SAMA, il serait nécessaire d’en parler avec un spécialiste. Cordialement.

      Répondre
  • Bonjour je suis une patiente diabétique de naissance ,diagnostiquée dysautonomie sévère en 2015 (avec gastroparesie,atteintes des nerfs du cœur de la vessie ,colopathie ,tatychardie et variantes tensionnelles tte la journée ,fatigue des le réveil ,insomnies ,douleurs chroniques et intolérances alimentaires a quasi tout …en gros je suis malade tt le temps et reconnue invalide a 34 ans ,étant en grande diminution physique ,j’ai depuis peu un taux de fer a 12mg /l ,la carence est a 11 et pourtant je ressens que tous mes symptômes de dysautonomie sont aggravés et aucuns médecins dans mon entourage ne semble percuté de base sur la dysautonomie ni sur l’atleration de mon confort de vie et même autonomie suite a cette carence en fer …connaissez vous des médecins que je pourrais consulter pr obtenir de l’année de ,je suis tte seule en France avec ca ,laissée à l’abandon par le système médicale ….jugée même …si vous aviez des noms de médecins que je puisse consulter pr la dysautonomie ,voir vérifier le diagnostique sama également ,je serai preneuse .merci bien ,cordialement

    Répondre
    • Marie-Elise NOËL

      Bonjour Julie, nous comprenons votre désarroi. La méconnaissance de certains symptômes fait le malheur des patients qui sont en errance diagnostique et thérapeutique. Nous vous répondons par mail pour vous orienter. Cordialement

      Répondre
  • Bonjour,
    J’ai subi une orthrodese en 2014.
    Quelque temps après j’ai eu ces sensations de chaud froid. Quand la chaleur est excessive je dois me mettre pieds nus et passer mes mains sous l’eau froide.. J’ai des suées nocturnes aussi.. A l’inverse quand j’ai froid il est très difficile de me réchauffer. Je suis fatiguée dès le levé, j’ai aussi des accélération cardiaque inexpliquées même au repos ou des sensations de souffle coupé..
    Piétiner m’est insupportable ou rester debout sans bouger..
    Que dois je faire car mon médecin m’écoute peu !! 😕

    Répondre
    • Marie-Elise NOËL

      Bonjour. Etes-vous diagnostiquée SED ou HSD ? ou avez-vous uniquement ces symptômes qui peuvent faire penser à une dysautonomie ? La dysfonction du système autonome concerne notamment le médecin cardiologue. Vous pouvez demander à votre médecin traitant de consulter un cardiologue. Nous pouvons en discuter par mail si vous le souhaitez : contact@sedinfrance.org
      Marie-Elise Noël

      Répondre
  • Bonjour,

    Je me renseigne lors de l’endormissement j’ai la sensation d’abord de paralysie ou d’absence de sang qui circule sans fourmillement, puis le coeur s’emballe et enfin un réveil en sursaut pile poil à la charnière de l’endormissement. La seule solution est de finalement dormir d’épuisement. Puis je mettre ça sur la dysautomie ? Quelqu’un d’autre a vécu ça ? Je me sens seule. Merci

    Répondre
    • Marie-Elise NOËL

      Bonjour,
      la myoclonie d’endormissement est assez fréquente dans la population générale : c’est une contraction soudaine, brève, du corps entier ou d’une ou plusieurs parties du corps se produisant à l’endormissement. Elle peut être accompagnée d’une hallucination, souvent somesthésique, avec impression de « tomber dans un trou ». Elle peut être unique ou survenir en salves et dans certains cas, être à l’origine d’une insomnie avec trouble de l’initiation du sommeil. La prévalence est de 60‑70 % dans la population générale et affecte tous les âges et les deux sexes. Il serait bon de demander à passer des examens dans une clinique du sommeil afin d’étudier votre phase d’endormissement et votre sommeil en général et de pouvoir chercher des solutions. Devoir aller jusqu’à l’épuisement pour s’endormir n’est pas une solution pérenne dans le SED ! Bien au contraire. Plus vous arriverez fatiguée à la phase d’endormissement, plus celle-ci sera difficile. Avez-vous déjà consulté à ce sujet ?
      Bon courage à vous.
      Marie-Elise Noël

      Répondre

Laissez un commentaire !