Migraines et céphalées dans le SED

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Les céphalées dans le SED

Les patients SED souffrent d’une variété de céphalées : maux de tête dûs à des migraines, à des tensions musculaires, à une hypertension intracrânienne, à une instabilité craniocervicale et à des troubles de la colonne cervicale, à des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire, et d’autres conditions physiques.
Le SED est donc considéré comme une facteur de risque de migraines (Henderson et al. 2017).

Définies comme un mal de tête primaire, avec crises récurrentes d’intensité modérée ou grave, allant de 4 à 72 heures, les migraines sont le plus souvent unilatérales, pulsatiles, associées à des nausées, de la photophobie (intolérance à la lumière) et de la phonophobie (intolérance au bruit), sont invalidantes et empirent avec l’activité physique. La migraine est généralement suivie de fatigue, nausées et vertiges.




Attention à l’intoxication médicamenteuse !

Le traitement des crises migraineuses fait appel généralement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou aux triptans.
Les dernières recommandations sont de ne pas dépasser 8 jours de prise d’AINS ou triptans par mois. Au-delà, on parle d’abus médicamenteux. Cet abus peut lui-même être responsable de céphalées (maux de tête moins intenses mais plus longs que la migraine initiale), installant un véritable cercle vicieux pour le patient.
Plus la personne souffre, plus elle prend de médicaments, plus la pathologie s’aggrave.
Les céphalées deviennent alors quasi quotidiennes. Cette complication est assez fréquente chez les migraineux, elle reste cependant mal connue, et le diagnostic est souvent posé tardivement.


Les céphalées par abus médicamenteux (CAM) se définissent par différents critères :

  • Maux de tête au moins 15 jours par mois depuis plus de trois mois ;
  • Consommation de triptans, antalgiques combinés, codéinés, plus de 10 jours par mois, ou d’AINS ou antalgiques simples plus de 15 jours par mois ;
  • Rythme des céphalées s’étant accentué pendant la période d’abus médicamenteux et retrouvant sa fréquence initiale après sevrage des médicaments.



Les signes suivants doivent vous interpeller et vous inciter à en parler à votre médecin :

  • Le mal de tête revient dès que l’analgésique n’est plus efficace;
  • Une tolérance à la médication s’est créée, c’est-à-dire que vous avez besoin de plus fortes doses ou que la dose usuelle que vous preniez ne fonctionne plus ;
  • Les maux de tête augmentent en fréquence et en intensité lorsque vous ne prenez pas d’analgésique.



Le mécanisme induisant les CAM est encore mystérieux. Un phénomène de dépendance intervient également.

Le seul traitement pour sortir de ce cercle vicieux est le sevrage médicamenteux, c’est-à-dire l’arrêt du traitement. Il doit bien entendu se doubler d’un accompagnement médical du malade : un sevrage ne s’effectue pas seul sur décision personnelle mais bien sur décision de son médecin ! Ce sevrage est l’occasion d’instaurer éventuellement un traitement de fond de la migraine qui ne soulagera pas les crises, mais visera à les espacer, et des thérapies non médicamenteuses.

Des traitements non médicamenteux efficaces

Identifier la cause de vos migraines peut être un premier pas pour leur gestion car diverses prises en soins peuvent alors intervenir.
Par exemple, entre autres :
– Kinésithérapie pour l’instabilité cervicale ou les tensions musculaires ;
– Orthophonie ou kinésithérapie maxillo-faciale pour les troubles des Articulations Temporo-Mandibulaires (ATM) ;
– Ophtalmologie et/ou orthoptie en cas de troubles visuels déclencheurs ;
– Thérapie cognitivo-comportementale pour la gestion du stress ou des facteurs émotionnels déclencheurs ;
– Médecins spécialistes en fonction des besoins : notamment le neurologue et le médecin de centre d’évaluation et de traitement de la douleur (CETD).

Le traitement de la migraine est multiple et repose sur l’éviction des facteurs déclenchants, le traitement de la crise et le traitement de fond. L’éviction des facteurs déclenchants doit toujours être envisagée. Néanmoins elle n’est pas toujours possible et elle ne doit pas être excessive car pouvant alors conduire à amplifier les conduites d’évitement du migraineux qui sont un déterminant important de l’altération de la qualité de vie de la migraine entre les crises.

En marge de ces prises en soins, il peut être nécessaire de s’équiper d’outils de gestion personnelle. Aujourd’hui, nous vous en proposons 2. D’autres techniques ont montré leur efficacité : la relaxation-sophrologie, le rétrocontrôle biologique (bio-feed-back) et la thérapie cognitive-comportementale ont en commun de permettre une meilleur gestion du stress.

L’hypnose

Une littérature de revue publiée en 2018 montre l’efficacité de l’hypnose dans le traitement des migraines. Cette étude a démontré que l’hypnose a un impact significatif sur l’activité de la douleur des migraineux et corrobore les conclusions de plusieurs études à double insu et contrôlées par placebo qui ont démontré que l’hypnose est statistiquement supérieure ou équivalente aux traitements couramment utilisés. Cet article est disponible dans notre espace professionnel ICI.
L’abstract (disponible sur PUBMED) indique que :
Au total, 8 études ont été identifiées portant sur des techniques hypnotiques, seules ou en combinaison avec d’autres techniques non pharmaceutiques, telles que l’imagerie visuelle, la relaxation et les techniques de déplacement de la douleur. Cette étude démontre que les techniques d’hypnothérapie et de relaxation sont efficaces pour réduire l’activité des maux de tête à court et à long terme chez les migraineux.

Comment ça marche ?
L’état d’hypnose n’est pas un état de sommeil, ni un état d’éveil ordinaire, diverses études reposant sur l’imagerie médicale l’ont prouvé. La personne en état modifié de conscience reste « consciente » tout au long de la séance d’hypnose.
Chaque personne n’est pas sensible à l’hypnose de façon identique, l’état de conscience obtenu pouvant être profond ou au contraire très léger. Le soignant doit donc s’adapter à chacun.
Le thérapeute va inviter le patient, par la suggestion, à agir sur le soulagement de la douleur. L’hypnose peut ainsi avoir une action sur les aspects subjectifs de la douleur, sensoriels et émotionnels, et ainsi diminuer la souffrance générale, l’aspect de désagrément de la douleur.
L’état d’hypnose permet à la personne de mobiliser ses propres perceptions et comportements face à la douleur, d’utiliser ses propres ressources et d’être ainsi acteur de son mieux-être.

Après quelques séances d’hypnose avec le thérapeute, il est possible de retrouver, par soi-même, les bienfaits de l’état hypnotique et de pratiquer ce qu’on appelle l’auto-hypnose.


Le Cefaly

Le Cefaly est un système externe de stimulation du nerf trijumeau pour traiter et prévenir les migraines. Une électrode adhésive est placée au niveau du front sur laquelle vient se connecter, magnétiquement, le Cefaly. Il produit au travers de l’électrode des micro-impulsions précises sur la branche supérieure du nerf trijumeau pour réduire la douleur (programme de crise) ou prévenir les futures crises de migraine (programme de prévention).

Cefaly 2 Traitement et prévention de la migraine from Cefaly on Vimeo.

Des études cliniques poussées sont effectuées depuis 2008 : VOIR ICI
Une étude clinique multicentrique publiée en novembre 2018 donnait des résultats très intéressants (Disponible ICI et ICI en pdf pour les professionnels de santé). Il s’agit d’une étude clinique randomisée et contrôlée sur la réduction de la douleur chez 106 patients adultes avec crises de migraines aiguës avec ou sans aura.
L’étude conclut :

“Un traitement d’une heure avec une stimulation du nerf trijumeau externe a entraîné un soulagement significatif de la douleur par rapport à une stimulation factice et a été bien toléré, ce qui suggère un traitement aigu efficace et sans danger pour les crises de migraine.”

Il est de plus mentionné dans la discussion de l’article qu’une seule session d’e-TNS (cefaly) chez les patients migraineux lors d’une crise soulage la douleur, mais n’a aucun effet sur le métabolisme cérébral. Inversement, après plusieurs mois d’utilisation quotidienne d’e-TNS pour la prévention de la migraine, des changements métaboliques sont observés et accompagnés cliniquement par une diminution significative de la fréquence d’attaque mensuelle chez les patients compliants.

Une nouvelle étude confirme l’efficacité du traitement et sera prochainement publiée. Il s’agit d’une étude de phase III, c’est-à-dire un essai comparatif destiné à comparer le traitement testé à un traitement standard afin de déterminer son efficacité. Les essais de phase III incluent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de malades, et durent d’ordinaire au moins quatre à cinq ans, selon la pathologie et l’effet attendu. En fonction des résultats des essais de phase III, une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) peut-être effectuée.

Ici, 600 patients ont été concernés par l’étude en double aveugle versus placebo.
Les résultats montrent que le pourcentage de patients délivrés de la douleur après une période de deux heures après l’utilisation du Cefaly est de 28%, contre 25 à 35% pour les médicaments du type triptan et autres. Certains patients sont simplement soulagés : ils sont sortis de leur crise de migraine mais sans disparition complète du mal de tête. Cela concerne 72% des patients pour le Cefaly, contre 65% en moyenne pour les médicaments. Enfin, un troisième résultat de l’étude porte sur les symptômes accompagnant la migraine : nausées, vomissements, troubles neurologiques, etc. Alors que les médicaments font disparaître dans les deux heures ces symptômes dits “associés” chez 50% des patients, le Cefaly a affiché pour sa part un taux d’efficacité de 60%.

D’autres études cliniques à haut niveau de preuve seront-elles nécessaires pour obtenir une autorisation de mise sur le marché et un remboursement pour les patients migraineux ? Un nouvel outil thérapeutique efficace est toujours utile face à nos difficultés de traitement, d’autant que la migraine est un symptôme fréquent dans le SED.


Où l’acheter ?

D’ici là, le cefaly est déjà disponible à la vente. Il ne bénéficie cependant d’aucune prise en charge financière de la part de la sécurité sociale ni de vos mutuelles !
Le coût est important, puisque l’appareil coûte 349 € ! …
Une location d’essai pendant 40 jours est possible pour un tarif de 49 € qui seront déduits du montant total si vous procédez à l’achat suite à l’essai.

Des pistes prometteuses, mais encore hors de prix pour beaucoup d’entre nous.
Voir le site : http://www.cefaly.com/fr

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